Hausse des charges, mode d’emploi

Face à la hausse des carburants et des coûts d’exploitation, le Transport Routier de Marchandises se mobilise pour maintenir son haut niveau de services.

Dynamisme du secteur

Après la crise sanitaire et son impact sur les échanges à l’échelle mondiale, l’économie entre dans une période de reprise très dynamique ralentie par la pénurie de certaines matières premières et la désorganisation des marchés sur certaines chaînes d’approvisionnement. On estime néanmoins que la croissance de l’économie mondiale et française approche les 6 % en 2021. Cette reprise a été largement accompagnée par le Transport Routier de Marchandises qui s’est mobilisé pour alimenter les chaînes de production et acheminer les marchandises pendant la pandémie. Les perspectives sont optimistes pour 2022 avec une croissance prévue de 4 %.

Le prix de l’énergie et les coûts d’exploitation sous tension

Malgré cette embellie dans les échanges économiques, les entreprises du transport et de la logistique doivent absorber une hausse conséquente des carburants. Si le coût du TRM a augmenté de 4,7 % entre août 2020 et août 2021, c’est le prix du gazole qui reste le plus marquant*. La reprise de l’activité est en partie contrariée par une hausse de 30 % depuis un an qui grignote les marges déjà minimes des transporteurs et réduit la rentabilité de l’activité. « Le carburant représente entre 25 et 30 % du coût de revient du transport. Son augmentation a un impact direct sur nos marges » indique Sébastien Deniau, Directeur Général des Transports Richard et président de la FNTR44.

De plus l’ensemble des charges d’exploitation (entretien, pneumatiques, infrastructures, matériel…) augmentent et le prix de certains produits explose comme le prix de l’Adblue avec plus de 50% de hausse. Les entreprises sont également soumises à la pénurie de main-d’œuvre et la difficulté de recruter de nouveaux collaborateurs.

Le pied de facture : la part des donneurs d’ordre

Dans ce contexte, il faut répercuter les coûts sur la facture aux donneurs d’ordre pour équilibrer les charges. « Nous indexons nos tarifs sur le prix du gasoil, la répercussion se fait à la hausse et également à la baisse » souligne Sébastien Deniau. En effet, les transporteurs ont la possibilité d’indexer contractuellement leurs tarifs sur le prix du gazole et du gaz mais les relations commerciales avec les donneurs d’ordre sont parfois tendues face à ces répercussions qui ne sont pas toujours appliquées.

Une rentabilité qui s’étiole, des tensions en amont et aval de la chaîne logistique, certains chargeurs qui augmentent les délais de paiement de leurs factures, une réelle difficulté pour recruter de nouveaux collaborateurs : les professionnels du transport et de la logistique demandent l’attention de l’État sur toutes ces problématiques. Sébastien Deniau précise que « la TICPE est le levier le plus facile à actionner par l’État pour soutenir les entreprises du transport face à la montée des prix du carburant ».

C’est l’ensemble des acteurs du secteur qui doivent prendre leur responsabilité face aux hausses des prix pour assurer la pérennité des entreprises du TRM, maintenir un niveau de services à la hauteur des attentes des consommateurs et assurer cette respiration indispensable de l’économie. N’oublions pas que 90 % des marchandises sont transportées par camion en France.

Si vous l’avez ; c’est qu’un camion vous l’a apporté !

Retrouvez sur le sujet, l’interview de Sébastien Deniau, président de la FNTR44 pour Télé Nantes, le 25 octobre 2021

Source FNTR